Un robot Kuka assemble des moteurs à flux axial destinés aux véhicules électriques sur une chaîne de montage de l'usine de moteurs Mercedes-Benz à Berlin
La croissance dans le secteur manufacturier en zone euro a accéléré en septembre plus que prévu, atteignant son rythme le plus rapide depuis plus de quatre ans, grâce à une demande résiliente qui a propulsé les nouvelles commandes et la production à des sommets pluriannuels, malgré le conflit en cours au Moyen-Orient, montre une enquête.
L'indice manufacturier définitif des directeurs d'achat (PMI) de la zone euro, compilé par S&P Global, est ressorti à 52,9 en septembre, contre une estimation "flash" à 52,7 et une progression de même ampleur en août.
Il s'agit du niveau le plus élevé depuis mai 2022.
La barre des 50 sépare croissance et contraction de l'activité.
"Cette reprise est alimentée par la demande croissante de biens d'investissement tels que les machines et les équipements, la production de ces biens d'équipements ayant augmenté en septembre à un rythme jamais vu depuis la reprise post-COVID-19 il y a cinq ans", a expliqué Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global Market Intelligence.
"Cela reflète une demande accrue en matière d'IA et d'équipements liés à la défense, notamment", a-t-il ajouté.
La croissance a été généralisée dans l'ensemble du bloc, les Pays-Bas étant en tête. L'Allemagne, première économie de la région, a enregistré une croissance solide, tandis que l'expansion a été plus modeste en France, en Italie et en Espagne.
Les nouvelles commandes ont progressé à leur rythme le plus rapide depuis début 2022, notamment grâce à une croissance des exportations qui a atteint son niveau le plus élevé en plus de quatre ans et demi.
L'indice de production a atteint un sommet de 55 mois, à 53,6, soutenant l'amélioration de la confiance des entreprises, dont le moral est au plus haut niveau depuis février.
Après avoir mis fin en août à une vague de suppressions d'emplois, entamée il y a plus de trois ans, les industriels ont accéléré les embauches en septembre, à un rythme somme toute modeste.
La hausse des prix pourrait toutefois menacer la reprise. L'inflation, tant au niveau des intrants que des extrants, a accéléré le mois dernier, signe de pressions croissantes sur les prix. Le consensus Reuters table pour les données officielles attendues en zone euro vendredi sur une inflation à 3,6% en septembre, contre 3,2% en août, soit son plus haut niveau depuis septembre 2023.
Les anticipations d'inflation élevées ont accru la probabilité de nouvelles hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), les marchés anticipant actuellement trois relèvements des coûts d'emprunt en zone euro d'ici mi-2027.
"La demande de biens de consommation continue de baisser (…) la hausse du coût de la vie pesant sur les dépenses des ménages", note également Chris Williamson.
"Il est donc inquiétant de constater que les coûts des intrants et les prix de vente augmentent à nouveau à un rythme plus soutenu en septembre, ce qui alimentera les spéculations quant à de nouvelles hausses de taux de la part de la BCE".
(Rédigé par Indradip Ghosh; version française Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)

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